SEX PIGS:

UN GUIDE DU SEXE COCHON

Le manuel du sexe dépravé, du dépistage
et de la gestion de ta santé sexuelle.


sex-pig [seks-pig]

-nom

quelqu’un qui s’intéresse aux limites extrêmes de l’activité sexuelle, qui repousse les limites de ce qui est socialement acceptable, qui fixe ses propres limites et prend ses propres décisions sur la façon dont il joue.

“COCHON
BAREBACKER ”

Si tu ne peux pas être toi-même quand tu baises, à quoi ça sert? Ce n’est pas l’fun. J’aime ça lâcher prise et être moi-même. Espérons que ça incitera les autres gars à se sentir aussi à l’aise et à rester eux-mêmes.

C’est certain que baiser apporte des risques. Nomme-les, il y a plein d’ITSS (infections transmises sexuellement et par le sang) : syphilis, hépatites, gonorrhée, herpès, etc. Mais en tant qu’homme gai, le plus gros risque, celui qui a un impact sur nos vies futures, c’est le VIH. Ma stratégie personnelle c’est d’être franc. « Je suis séropositif, je vais baiser bare avec toi si tu es positif ». C’est tout. Point à la ligne. Divulgation complète. Ils sont au courant de la situation et ils ont toute l’information dont ils ont besoin. Je me suis créé un profil sur internet qui le dit clairement et je mets personne à risque.

La clé, c’est la communication : « Salut, j’suis comme ça, voici ce que j’aime. » J’suis à l’aise avec ça et je m’assure que les autres gars sont cool avec ça aussi. Sinon, ça crée des malentendus.

Il y a des gars négatifs qui font ça bare, mais seulement avec d’autres gars négatifs. Mais, on s’entend dans l’fond ce qu’ils disent c’est : « Ah oui, la dernière fois que je me suis fait dépister, j’étais séronégatif. » C’était il y a deux ans.

Quand le VIH augmente, je pense que les gars « supposément négatifs » devraient réfléchir, mais qu’ils ont trop peur pour se faire dépister. Avec ce que j’ai vécu quand je suis devenu séropositif, je pense que ne pas se faire dépister c’est naïf et même irresponsable.

Oui, je suis cochon et je me suis fixé des limites, c’est quelque chose qui ne devrait pas changer même si je suis gelé ou saoul.


Ce qu’il faut savoir :

Tu prends un risque et tu dis
« c’est bon, je devrais être correct. »

Pour la PPE,
communique avec les cliniques suivantes :

« PRÊT POUR
TRIPPER? »

J’ai reçu un texto d’un chum – et une invitation à baiser. C’était pas prévu à mon agenda mais l’idée m’excitait. Le rush te monte à la tête et te mets dans le mood d’une bonne baise cochonne. Y’a rien de tel, et je me suis fait des supers bon trips là-dessus.

Je savais aussi comment ce genre de trip-là risquait de tourner… le crystal meth… et t’en veux toujours plus, et ça veut pas seulement dire plus (et encore plus) de crystal, mais aussi plus (et encore plus) de gars. Et quelques jours plus tard (sans joke), t’es encore en train de demander si tu vas en faire plus et te taper encore 2 ou 3 gars de plus. J’ai déjà fait des trips où des gars étaient complètement obsédés par l’internet et par qui est en ligne plutôt que par les gars dans la pièce qu’ils pourraient fourrer.

Le crystal peut vraiment te faire focuser sur quelque chose, mais des fois c’est trop. Le crystal, la coke, et la K t’aident à connecter mais ils peuvent aussi te rendre plus égoïste. Certaines personnes changent complètement là-dessus, et pas toujours pour le mieux. Et quand ça fait un bout de temps que t’en a pas fait, tu te dis… mais c’était quoi ce trip ? Après quelques-uns de ces trips crado intenses, je me lève avec une Valium dans une main, pas assez à boire, ni à manger, complètement épuisé.

Même un extrémiste comme moi ne peut pas continuer dans cet état lamentable pendant encore plusieurs jours, en essayant de me rappeler de mon trip ou même juste d’un bout.

Jusqu’où es-tu prêt à aller ? Es-tu prêt à faire face aux conséquences ?


Ce qu’il faut savoir:


Pour plus d’informations communique avec:

Drogues: Aide et Références
514.527.2626, 1.800.265.2626

TOILETTE
ET GH

Je suis allé dans un club qui était plein de gars super hot. J’ai rencontré un gars et il m’a arraché du plancher de danse pour m’emmener dans les toilettes pour, j’espérais, me fourrer. On s’est embrassé et ça m’a fait bander. Il a sorti un compte-gouttes, a mis quelques gouttes dans son verre et l’a avalé d’un coup. Il m’a regardé : « T’en veux? » « Nan, » j’ai dit « ce que je veux, là, c’est ta queue. » Il s’est accoté au mur. « Ça s’en vient, » il m’a chuchoté dans l’oreille pendant que je lui léchais, que je lui poignais les fesses et que j’enfonçais mes mains dans ses pantalons pour pouvoir sentir la craque de ses fesses. Je savais que ça allait être ben cochon, je me suis mis à le frencher et plus ça allait, plus on trippait.

Et là, tout d’un coup, il s’est complètement écroulé sur le plancher. Je peux dire, ça fait débander. Je l’ai sorti des toilettes. Une chance, le gars à l’entrée a tout de suite

compris ce qui se passait et m’a suggéré de l’emmener prendre de l’air. Des histoires pareilles, ils ont vu ça des centaines de fois. Je suis arrivé à lui faire monter les escaliers jusqu’à la rue. Je l’ai accoté sur un mur et là il s’est mis à reprendre son souffle bruyamment. « Tu veux que j’appelle une ambulance? » je lui ai demandé.« Non, non » il a répondu, « Ça m’arrive quand je prends trop de GH. Donne-moi quelques minutes. Reste un peu avec moi. » Donc c’est ce que j’ai fait pendant une demi-heure. Je lui ai donné de l’eau et je me suis assis avec lui sur le trottoir, pendant que du monde passait et nous regardait. Finalement il a recommencé à parler. « Je me sens mal, j’ai fait une gaffe, j’ai pas pris ma dose au bon moment. C’est cool que tu sois resté t’occuper de moi. » Et là, il m’a remmené chez lui. Et c’est le lendemain qu’on a baisé comme des malades.

Connaitre la différence entre une dose de GHB et une overdose.


Ce qu’il faut savoir:



Pour plus d’informations consulte le guide :

CONNECTER

Profil excitant.
Et c’est quoi tes trips?
J’aime pas cette question. Tout.
C’est ta réponse?
Et toi, c’est quoi tes trips?
J’aime les gars dans ton genre.
Cool. LOL
T’aimes les orgies?
Ben oui. Toi?
Oui, monsieur. J’aime me faire fourrer par deux queues en même temps.
Sti, j’ai vu ça que dans des films bareback.
Ok, ce qui fait que tu baises pas sans capote.
J’aime ça regarder, toi?
Je suis séro+.
Ah, ok. C’est cool.
..?
Je trouve les gars séro+ excitants.
Pourquoi?
Parce que vous trippez au max, vous avez pas de limites. J’aimerais être comme ça moi aussi.
Hmm. Mon gars, si t’es pas séro+, pourquoi tu mets “à discuter” dans la section sécurisexe de ton profil?
J’ai des réguliers avec qui j’utilise pas de condoms.
Donc tu sais avec certitude qu’ils sont négatifs?
Ben, oui. Je leur fais confiance.

Bonne chance, on dirait que t’es sur la bonne voie pour rejoindre bientôt toi aussi le club.
Ok. Peut-être qu’il y a pas vraiment moyen que je sache pour vrai. Ça fait longtemps que tu es séro+?
Environ cinq ans.
T’es sexy sur tes photos. Prends-tu des médicaments?
Je prends bien soin de moi….. J’en prends pas encore, non. Mais, il a d’autres trucs chiants des fois.
Comme?
Devoir annoncer mon statut aux gars quand j’essaie de rencontrer sur internet. :)
Je comprends. …On parlait de baiser il me semble…
J’aimerais vraiment te fourrer mais c’est pas moi qui va te donner le virus. Va falloir utiliser des condoms.
Mais je veux bien sentir ta queue aller et venir en moi.
T’en fait pas mon gars, tu vas bien la sentir… seulement cette fois-ci ça va être sans stress pour toi ou pour moi.
Ok, ça m’excite. Pourquoi tu mets pas que tu es séro+ dans ton profil?
Serais-tu venu me voir si je l’avais fait?
Ouin…j’avoue… alors, tu peux tripper quand?

Certains gars vont te dire qu’ils sont séropositifs ou négatifs. Certains font des suppositions et essaient de deviner. Mais il arrive qu’ils se trompent.


Ce qu’il faut savoir:



Pour plus d’informations sur la divulgation du VIH:

SORTIR
ET
BAISER

On est jeudi soir et j’ai envie de baiser comme un malade. Rien à signaler sur le web. Trop de menteurs, de monde qui te font perdre ton temps, et les pires, ceux qui te disent qu’ils trippent sur tout ce qui est kinky et qui finissent par te dire qu’ils ne font pas ceci et pas cela. Allô ? Non mais ils savent pas lire ? J’ai écrit que j’aime le sexe cochon et sans limites ! Comment faut que je l’écrive exactement ?

Alors je me suis retrouvé sur mon terrain de chasse habituel… J’aime les soirées thématiques dans ces places-là – on dirait que ça fait ressortir le côté cochon des gars. C’était la soirée « tout le monde tout nu » et j’ai pensé que ça allait être excitant et évidemment j’avais raison,
c’était… ben cochon.

Une gang a commencé à se tripoter dans un des couloirs. C’est un des avantages d’aller dans des places comme ça. On était cinq à s’exciter comme il faut, à se crosser et se sucer. Deux gars ont commencé à se fourrer, sans condom, ce qui m’a excité au max. J’ai embarqué avec eux. Ils étaient cool avec ça. J’avais l’air de bien les intéresser. Un moment donné, j’allais me mettre à en fourrer un quand il s’est retourné et m’a dit

« Ouais, fourre-moi. »

Y’était hot. Y’avait aussi l’air un peu stone et je voulais faire ce qu’on me disait de faire.
Je lui ai demandé « Positif? »
Il répond « Non, man, négatif. »
Ah oui ?
J’ai mis une capote.

La nuit tout nu au club fait toujours ressortir le côté cochon des gars.


Ce qu’il faut savoir:

FISTING

J’avais presque tout essayé. Sauf le fisting. J’ai toujours pensé que l’idée d’avoir la main, et une partie du bras de quelqu’un dans mon trou me donnerait mal au cœur, mais un gars a réussi à me faire changer d’idée. En fait j’ai trouvé que, comme pour la plupart des choses, c’était plus une question de largeur que de profondeur.

« Il s’agit de dévier des conventions le plus que tu peux. En plus, t’as tellement un beau cul que ma main veut l’apprécier de l’intérieur. »

Qu’est-ce que tu réponds à ça ? Surtout qu’il était pas seulement un des meilleurs DJ, mais aussi un des gars les plus bandants et les plus cochons.

« Pratique-toi avec des jouets et tu vas réussir à relaxer ton sphincter pour quand je vais me pointer avec mon gant d’amour… »

C’est ce que j’ai fait, me rendant à chaque fois un peu plus loin dans mon cul sans que ça me fasse vraiment mal. Et les poppers ont aidé aussi.

 

« Je vais y aller doucement, » Steve m’a dit quand j’ai finalement été prêt à me faire fister pour la première fois.

« Tu vas tellement aimer ça » il m’a dit à l’oreille. « Je me souviens encore de ma première fois, c’était à New York avec un daddy qui me faisait bander au max. Il savait vraiment ce qu’il faisait. »

J’ai toujours été versatile ce qui fait que mon cul avait l’habitude de se faire fourrer mais ça c’était quelque chose d’autre. La chimie était super bonne, ça marchait à planche. Il arrêtait pas de me chuchoter

« C’est comment? … Hallucinant, non? »

C’est dur à décrire mais c’était vraiment extraordinaire. Il avait réussi à me convertir. Et là je suis venu, comme je suis jamais venu dans ma vie.

 

 

Quand je me fais fister je m’arrange pour qu’on ne soit pas gelé au point de ne pas se rendre compte de ce qui se passe.


Ce qu’il faut savoir:

PASSER
LE
MESSAGE

Hé salut, Je viens d’aller chez le médecin et on dirait bien que je me suis tapé une gono ou une chlamydia. Désolé d’avoir à t’annoncer ça mais j’ai pensé que c’était mieux que tu le saches.

À plus, Alex.

Pendant deux secondes, j’ai pensé « fuck »… mais là je me suis dit qu’en effet c’était une bonne chose que je le sache. Je savais pas si c’était moi ou lui qu’il l’avait donné à l’autre, mais ça n’avait pas d’importance. Il m’avait fourré sans condom 2 ou 3 jours avant – on est séro+ tous les deux et on se l’était dit avant de se rencontrer. J’étais un de ses derniers gars d’une fin de semaine bien occupée ; moi aussi j’avais baisé avec pas mal de gars et j’avais eu pas mal de trips cochons aussi dernièrement.
Je me sentais pas malade, j’avais aucun symptôme, mais je sais pas comment on se
sent quand on a le cul contaminé. La journée même j’ai téléphoné à ma clinique. Comme prévu, mon médecin avait pas de place

pour me voir, j’ai alors pris rendez-vous avec un autre médecin à la même clinique. Ça a pas été compliqué. Je lui ai tout raconté, il m’a fait des prélèvements dans l’anus et la bouche et je lui ai donné un échantillon d’urine. Il m’a prescrit des médicaments contre la gonorrhée et la chlamydia. Puis pour être sûr, il m’a aussi fait un test sanguin pour la syphilis.

Ouais, c’était correct. Je suis content qu’il me l’ait dit. Je reverrai probablement pas ce gars-là mais on sait jamais. Je ferais la même chose pour un autre gars si la même chose m’arrive. C’est quelque chose qu’on se doit de faire.


Ce qu’il faut savoir:


Pour recevoir un rappel de dépistage par courriel, inscris-toi ici.

Positive Life NSW en Australie a produit la campagne « Sex Pigs » à partir d’histoires et d’entretiens pour que les hommes amateurs de sexe cochon aient accès à plus d’information en lien avec la gestion de leur santé.

L’adaptation en français a été réalisée par Sida bénévoles Montréal (ACCM) avec la collaboration de CATIE